
Nous marchâmes côte à côte, en direction de sa voiture.
Etrangement, il paraissait assez détendu, ce qui me surpris, venant de lui.
Son séjour à Berlin avait dû lui faire du bien...
Ayant une pensée soudaine pour Odette, je retournai brèvement la tête pour lui dire au revoir du regard, mais je ne la voyais déjà plus. Nous étions en dehors du cimetière. Tant pis.

Il se mit, bien évidemment, du côté conducteur, et je m'installai sur le siège passager. Ca me faisait bizarre de remonter ici, puisque la situation avait été quasiment identique, deux ans auparavant.
Ca me faisait aussi bizarre de penser que, la dernière fois que je l'ai vu utiliser cette voiture, je l'ai regardé partir avec tristesse et regrets.
Aujourd'hui il m'emmène avec lui...
Busses, cars, and airplanes leaving,
Burning fumes of gasoline,
And everyone is running,
And I come to find arefuge in the...
... easy silence that you make for me...

Je m'éclaircis la gorge.
- On va où? me répétai-je.
Il mit le contact, changea les vitesses, et recula quelque peu,
inspectant la route déserte.
- Chez toi.
- Hein?!
- Je t'ai dit que tu verrais.
- Mais on va vraiment à la maison? m'obstinai-je.

J'avais l'impression de revenir deux ans en arrière.
- Oui, on va vraiment chez toi, me dit-il, m'indiquant d'un regard
entendu que sa patience avait des limites.
J'avais un drôle de pressentiment.
Qu'est-ce qu'il avait encore manigancé, ce démon?
Ce garçon finira par me rendre folle...



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