
Odette vint se poster au-dessus de moi, et je devinai à son silence un
regard songeur ainsi que des sourcils froncés.
- Tu devrais les abandonner, finit-elle par lacher.
- Ha, ha, rétorquai-je, peu subtile en cette soirée.
Son nouveau silence m'indiqua que je l'avais froissée.
Tant pis.
- Tu devrais... insista-t-elle, le regard chargé de regrets. Ils n'ont
plus besoin de toi là où ils sont.

Elle commença à se diriger vers la tombe de son mari, mais je
l'arrêtai d'une simple phrase.
- Moi, j'ai besoin de venir.
C'était comme ça, et pas autrement.
- Ce n'est pas d'eux que tu as besoin... Alors de quoi?
Je ne dis mot, car je n'en savais que trop rien.
Peut-être que je continue de venir car l'être qui m'a touchée au plus profond de l'âme, qui s'est ancré dans ma moelle, a jadis pénétré en ce lieu.
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